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OU ET COMMENT SE BATTRE?
Jusqu'à présent il y a eu des combats d'arrière-garde, bien sur, nous ne les avons pas menés dans cet esprit, nous savions, Pasqua à Droite, Chevènement à Gauche, que les "restes" de la France étaient puissants, peu lézardés en profondeur, et fortement perçus de l'étranger. 1999, 2005 ne sont que l'écume d'une vague qui s'est retirée ; non dans la réalité mais dans la description qu'en font à longueur de colonne et de reportage les journaux et les télés ; face à cette information "soviétique" il aurait fallu une unité dogmatique ou bien un mouvement intellectuel, l'unité s'est échouée sur la tyrannie des égos, sur des contraintes de court-terme, le mouvement intellectuel n'a pas su briser la césure droite/gauche.
Et durant ce temps la destruction continuait, il fallait que notre pays ait accumulé une immense richesse culturelle, pour qu'ayant subi ces monstrueuses agressions, notre identité demeure encore debout, ébranlée, mais là, à portée de main, n'en doutez pas. Moi qui suis passionné d'histoire antique je vois la France comme le Colisée, symbole détesté d'une grandeur universelle, dépecé, pillé, amputé d'un tiers de sa façade, vidé du marbre des marches ou s'asseyaient des Citoyens. Mais débout, écrasant la médiocrité de sa rigueur, portant les regards vers le haut, et les songes vers l'excellence. Cet emblème volontaire je l'ai vu revivre, dans la couleur chatoyante d'une fête, comme je le vois aussi, chaque année à Vérone, ou à Nîmes, plein d'une foule unie dans la célébration de sa culture.
Ne nous abîmons plus dans la contemplation nostalgique des ruines, rebâtissons la Rome antique et la nouvelle France sur le modèle revisité des anciens. Ce n'est pas le sable inexorable qui coule de notre poing qu'il faut regarder, mais le poing fermé, à terre les grains sont là, il suffit du ciment de la lutte et de l'eau du cœur pour construire. Militez à D.L.R. au M.R.C., au F.N., qu'importe, c'est toujours propager, maintenir, élaborer, insuffler, contaminer, ne serais-ce qu'un peu, c'est ingrat mais indispensable, seulement la victoire ne viendra pas des urnes, pas comme cela.
Les média, qui sont aux ordres, précisément et consciemment, il ne faut jamais l'oublier, ne laisseront jamais un parti, un homme prendre son envol contre leurs maîtres, en bons laquais, échine courbe et regard biais, ils sauront censurer, ou forcer un trait, et même mentir pour couper les ailes et travestir les pensées contraires.
De ma formation marxiste j'extrais la nécessité et la suffisance de la conscience collective, c'est par ce biais que nous reprendrons les rênes de notre destin. Votez à contre-coeur Sarko, pour ne pas faire "gagner la gauche" ou Strauss-Khan parce qu'il sera "plus social" (sic !) est un piège tendu depuis 30 ans, par ceux qui tirent les ficelles, il faut y échapper, c'est le premier pas indispensable. La fréquence intolérance de droite et le sectarisme de gauche s'y opposent au plus grand profit de nos ennemis. Il faut bâtir un parti indépendant (N. Dupont-Aignan est le plus avancé dans ce sens) mais aussi projeter nos idéaux dans le futur pour mettre des mots sur l'avenir que nous voulons. Un corpus embrassant tous les aspects de la société doit voir le jour, être analysé dans sa cohérence intellectuelle plus que dans son caractère réalisable : ce sont les utopies qui font avancer le monde ! C'est dans cet aspect dogmatique que les opposants à la sociale-démocratie mortifère se perdent, non pas dans son existence, mais dans son défaut : il faut un dogme, rigide, capable de cristalliser nos forces et de fixer nos ennemis.
L'islam et le "libéralisme" sont tout autant les assassins de notre art de vivre et les voleurs de notre prospérité, face à leur puissance ils faut nous projeter en avant, dans 10, 20, 30 ans, quand bien même certains de nous ne verraient pas le jour du retour de notre France. Il ne faut pas faire un programme de gouvernement, une collection de mesures raisonnables, il faut apporter le rêve du bonheur, il faut relancer nos âmes sur la ligne de notre passé, reprendre notre évolution au moment de la divergence. A quoi bon dire que si nos "partenaires (!)" refusent de faire de l'euro une monnaie pour la prospérité et l'avenir, nous quitterons l'euro, autant inscrire tout de suite notre retrait dans notre manifeste ! Mais quitter l'euro étrangleur ne sert à rien si l'on ne coupe pas la corde du libéralisme. Quitter le libre-échange, et la financiarisation impose de repenser notre économie, produits lointains, produits incertains ... est-on bien surs que produire des jouets en Chine est moins cher ? De combien ? A quel prix culturel et social? Le bois pourri dans les Landes -qui ne sont plus reboisées- et nos ports regorgent de planches brésiliennes et de pâte à papier exotique. Les allemands s'approprient notre savoir-faire, "casques-à-pointes" apparaît dans les propos de cadres français pourtant docilement européistes, chez Airbus, chez Technal, partout où la couardise vénale triomphe. Se replier sur soi-même, et pourquoi pas ?
L'unité que beaucoup appèlent de leurs vœux viendra d'elle-même lorsque ce socle sera, les ralliements seront plus aisés, et les rancœurs s'éteindront. Même s'il ne faut pas en exagérer la portée la participation aux forums -particulièrement en terrain hostile- sans langue de bois est un élément de la lutte, au moins parce qu'il permet de forger nos arguments et parce que c'est ainsi que des incertains se sentent moins seuls. Parler, ne jamais composer avec nos convictions au prétexte qu'elles seraient malvenues dans la discussion, certes vous allez choquer parfois et même vous fâcher avec des amis, mais il n'est plus temps de l'échange courtois, il faut radicaliser notre discours, mais, et c'est là que nous pêchons, il faudrait le faire en s'appuyant sur ce dogme -écrit et contemporain- dont je parlais : qui donc va lever pour l'écrire ?
Gérard Couvert
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