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CHARLEMAGNE 747 - 814
Pépin le Bref est le fondateur de la dynastie des Carolingiens, mais son fils Charles 1er le Grand dit Charlemagne le dépasse en gloire et en renommée.
Fils de Bertrade et de Pépin, il devient à la mort de son frère Carloman roi des Francs en 771 , puis Empereur d'Occident en 800 .
De belle stature et de visage agréable selon Eginhard et ses contemporains, il jouit d'une santé de fer grâce à une activité physique intense, qui lui permet de nombreux déplacements et une prodigieuse activité.
Marié quatre fois, il est très attaché à ses enfants, et fait donner aux filles comme aux garçons une éducation complète, conscient des négligences de son père à son égard en ce domaine.
Très pieux, aimant et craignant Dieu, il protège les monastères et favorise leur oeuvre. Il ne cesse en effet d'approfondir sa connaissance des écritures, d'étudier, sait le latin, comprend le grec, enrichit sa bibliothèque. Mais il n'écrit pas volontiers.
Bienveillant et affable, il possède puissance de séduction et autorité; la fidélité des religieux, des soldat, des nobles envers lui est toujours largement récompensée, contrepartie de l'exigence d'une obéissance absolue, le roi s'assignant au devoir de donner à ses sujets paix et justice.
Volontaire et tenace, convaincu de sa légitimité, il cultive une absolue maîtrise de soi, qui en politique lui confère la prudence, que renforcent son sens des réalités et sa fermeté.
La volonté de maintenir l'héritage , d'assurer la défense des frontières , de protéger le royaume contre les infidèles conduit Charlemagne à des guerres d'expansion que lui permet une armée parfaitement organisée (l'ost ) , avec cavalerie lourde , où les comtes doivent assurer armement , équipement et ravitaillement , lui même étant responsable de la stratégie et du commandement géneral.
Sa victoire à Pavie ( 774) sur les Lombards du roi Didier, pilleurs qui tentent de dominer la péninsule, lui permet de confirmer à Rome la donation de Pépin, et en 780, après suppression d'autonomies locales, la présence Franque assure organisation administrative et judiciaire, législation et diplomatie . L'Italie s'ouvre alors entièrement aux influences d'outre monts.
Plus difficile est la réduction des Saxons, païens, qui lancent vers l'Ouest des incursions dévastatrices.
De 772 à 777, Charles tente de les convertir, et y réussit presque, mais de 778 à 785, ils se soulèvent sous la direction de Widekind, qui réveille leur paganisme et refuse la domination franque jusqu'en 785. L'organisation administrative et la christianisation sont mal supportées, une nouvelle révolte éclate en 793, et une guerre acharnée y met fin seulement en 804.
D'autre part, il intègre les Frisons dans l'ensemble franc (785 – 790); en incorporant la Bavière au royaume, il achève de regrouper les Germains sous son autorité (787).
Il écrase enfin les Avars (souvent assimilés aux Huns des siècles précédents), qui ont franchi le Danube, et que les Slaves contiennent difficilement, en 791, 796, 796, définitivement soumis en 803, après la conversion de leur chef Khagan.
En ce qui concerne les autres territoires d'Europe, Charlemagne tient en respect les Slaves , les Basques (épisode de Roncevaux), les Bretons, les Danois. Enfin, jouant des divisions entre chefs musulmans, il s'empare de Barcelone (803) fondant ainsi la Catalogne, puis de Pampelune ( 806 ).
Charlemagne n'est pas un tyran : il consulte les grands, maintient des assemblées générales où se discutent les problèmes du royaume, choisit les membres de son conseil; le comte du palais préside son tribunal, le chambrier s'occupe des finances, le chancelier gère la maison royale. Trois cents comtes, agents locaux, disposent de grands pouvoirs, contrôlés par les "missi dominici"= missionnés par le maître.
En exigeant un serment de fidélité de tous les hommes libres, il développe la pratique vassalique, et assied pareillement son autorité sur le clergé par le privilège de l'immunité, mais se donne pour mission de défendre l'Eglise et de faire respecter la loi de Dieu sur terre. Le couronnement de Charlemagne comme empereur par le Pape à Rome en 800 revêt une grande importance symbolique, comme la généralisation de la règle bénédictine et la diffusion du droit canon.
Nous savons tous qu'il est le fondateur du système scolaire : des écoles ouvertes à tous sont installées auprès des églises et des monastères , où se révèlent les futurs clercs et " missi "; la langue latine est généralisée par l'appel à des maîtres de tout l'Occident, l'écriture "caroline "également, et des "scriptoria" à Tours et Corbie assurent la fonction d'éditeurs de textes débarrassés d'erreurs, cependant que les manuscrits liturgiques s'embellissent d'enluminures et de miniatures. Charlemagne joue ainsi le rôle d'un mécène, et sa cour, rendez vous des lettrés et des savants du temps, brille de la présence d'Alcuin, au savoir encyclopédique, de Paul Diacre, historien, de Théodulf, théologien et poète , Pierre de Pise et Paulien, grammairiens du latin.
Enfin Charlemagne, grand bâtisseur, apprécie les expériences architecturales: églises à plan centré, à plan basilical, tours, sanctuaire - tribune (Saint Wandrille), abside occidentale (Fulda). Les palais (Ingelheim, Aix la Chapelle), respectent un plan rigoureux et harmonieux. Ce nouvel élan de la culture aura des effets longtemps après sa mort.
Mais cet apogée de législation et d'organisation ne perdurera pas après le partage de l'Empire entre ses trois fils, oeuvre d'un seul homme exceptionnel dominant un assemblage de peuples d'histoires, de langues et de civilisations fondamentalement différentes, que des évolutions ultérieures disloqueront.
Souverain entre Meuse et Rhin, Charlemagne est inhumé à Aix la Chapelle, sa résidence principale.
N.B. L'expansion du christianisme dans le royaume franc correspond à la dynastie des Mérovingiens (baptême de Clovis, 496), et son rayonnement commence avec celle des Carolingiens, notamment comme dit plus haut, sous l'impulsion de Charlemagne, qui apprécie la règle monarchique instaurée en 529 par Saint Benoît de Nursie (environ 490 - environ 560). Les grands clercs carolingiens ( Alcuin, Benoît d'Aniane, Raban Maur...) généralisent cette règle bénédictine dans les monastères (Mont Saint Michel, Ambronay, Arles sur Tech, Sorèze, Foy, Saint Mihiel, les tout premiers en Gaule ayant été fondés par Saint Martin de Tours : Ligugé 361 et Marmoutier 372).
En 599, le Pape Grégoire le Grand a créé à Rome une école de chant grégorien.
Notons que l'usage des cloches se généralise dès 610. |