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Écrit par Georges Martin   

Buy rebaudCharles le Chauve, Roi de France de 843 à 877, empereur d'Occident de 875 à 877.

Fils de Louis le Pieux et de sa seconde épouse, il n'accède au trône qu'après le Traité de Verdun de 843, qui établit le partage territorial de l'Empire entre lui et ses demi frères, Lothaire et Louis le Germanique.
Ce traité, difficilement conclu en tenant compte des réalités ethniques et linguistiques, et après recensement des villes, des évêchés, des abbayes, des comtés et des manses, donne au roi de vingt ans les terres à l'ouest de l'Escaut, de la Meuse, de la Saône et du Rhône; il ne détient donc ni la Bourgogne, ni le Lyonnais, ni la Provence, mais reçoit une partie des terres franques entre Seine et Main, avec Paris.
D'intelligence précoce, il a reçu la meilleure éducation; c'est un prince lettré, curieux, fin causeur, mais aussi bon cavalier et grand chasseur, qui a du charme. Ferme dans ses desseins, il possède le sens de la diplomatie, et de la constance dans les périodes difficiles.
En novembre 843, l'Assemblée de Coulaines donne au royaume une sorte de Constitution qui définit droits et devoirs de l'Eglise, des grands, mais aussi du Roi, qui ne détient pas un pouvoir absolu, et ne pouvant imposer doit convaincre. Mal implanté dans son tout neuf royaume, Charles s'appuie sur le clergé pour contenir l'expansion du pouvoir des nobles. Il ne remet pas en cause les décisions de Coulaines après son sacre à Orléans en 848.
Son autorité va donc s'affaiblir: néanmoins, il réussit à maintenir l'idée, qui devient principe, d'un Etat, base de la France de "l'Ancien Régime "et de la République.
Dès le début de son règne, il doit réprimer des révoltes intérieures, aggravées par les incursions des Vikings, venus de pays scandinaves. L'opposition est particulièrement rude en Aquitaine, en Septimanie, en Bretagne en raison des particularismes locaux, que malgré des expéditions plus ou moins réussies le roi reconnaît partiellement.
Mais le pire vient des Normands (terme francique latinisé pour désigner les scandinaves); remontant la Somme, la Seine, la Loire, la Garonne, ils saccagent, pillent, massacrent, installent des bases permanentes: Rouen, Nantes, Tours et l'abbaye célèbre de Saint Martin, Angers, Toulouse et même Paris.
Au lieu de soutenir le pouvoir royal, Eudes comte d'Orléans, Alard comte de Paris, Robert le Fort comte d'Angers et de Tours se soulèvent (855, 856 , 858, aidés par Louis le Germanique qui ne respecte pas la politique d'entente décidée au Traité de Yutz) et en 862 le duc des Bretons. L'Eglise sauve Charles en revendiquant pour elle seule le droit de faire et défaire les rois (rôle de Hincmar, archevêque de Reims)
La succession des fils de Lothaire est cependant favorable à Charles; Lothaire II meurt en 870 et le roi de France est sacré roi de Lorraine; puis il annexe le Lyonnais et la Haute Provence. Louis II, roi d'Italie et empereur, en 875, sans héritier. Les Papes Hadrien II puis Jean VIII apprécient la personnalité du roi de France, ses vertus et sa culture: Charles est couronné empereur en décembre 875 à Rome. Mais les menaces de Louis le Germanique sur le territoire, empêchées par Hincmar et le loyal beau frère du roi, Boson, contraignent Charles à regagner la France.
La mort du Germanique lui donne répit sur son territoire, mais son neveu Louis II lui interdit par la force de porter sa frontière jusqu'au Rhin, en un moment où notion d'Empire et fonction impériale perdent leur sens. Parti défendre le Pape en Italie, Charles doit revenir réduire les frondes généralisées en son royaume, et meurt au passage des Alpes en 877.
Ce règne difficile est pourtant une grande réussite culturelle.
La cour, réunion d'élites et centre de réseaux d'échanges et de correspondances, compte parmi les proches du roi philosophes, poètes, chroniqueurs, savants.
Parmi eux Rémi, chargé d'enseignement à Auxerre, puis Reims et Paris, auteur d'un immense classement des savoirs; à Hucbald, historien et musicien, on doit la première mention de la polyphonie.
Le nombre des bibliothèques s'accroit, ainsi que celui des scriptoria, où sont recopiés les manuscrits, cependant que grammaire et rhétorique sont valorisées, et que la scolastique prend corps. Les rapports du roi avec les penseurs du temps, dont Jean Scot Erigène, montrent ses qualités de discernement, et quel grand souverain il eut été hors de cette période de turbulences.
Il est inhumé à l'Abbaye de Saint Denis
 
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