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LETTRE OUVERTE A DOMINIQUE DE VILLEPIN.
« Dominique de Villepin, encore un effort si vous voulez être souverainiste ! »
Monsieur Le Premier Ministre,
Nombreux sont ceux qui au sein de notre famille politique attendait avec une impatience qu’il peinait à dissimuler le discours fondateur que vous deviez prononcer ce 19 juin, date de création de votre mouvement politique, « République solidaire ». La date, fort bien choisie, rappelait votre attachement à la pensée et à l’action du chef de la France libre, ce général deux étoiles à titre provisoire qui un certain 18 juin 1940 a dit « non ! » à la tentation du renoncement et a fait renouer la France avec l’espoir.
La réputation, pour le moins flatteuse, qui vous précédait dés qu’il s’agissait d’aborder les questions d’indépendance nationale et de défense des intérêts supérieurs de la Patrie, avait fini par en convaincre plus d’un de la nécessité de vous accompagner dans votre démarche politique au service d’une certaine idée de la France. L’Homme du discours du 14 février 2003 devant le conseil de sécurité des Nations Unies rassurait sur ses convictions et donnait une dimension charismatique à son engagement.
Vous vouliez rompre avec les pratiques en cours au sommet de l’Etat et offrir une alternative politique à l’action suivie par l’actuel gouvernement. Vous vouliez vous affranchir du cadre contraignant de l’UMP, touchant du doigt les limites d’une action authentique qui ne soit pas que du semblant, au sein du parti du président.
Au commencement, il y a donc à vous suivre une prise en compte des inquiétudes des français. « Oui, j’entends la frustration et je sais l’inquiétude de ceux qui ont choisi le vote extrême le 21 avril 2002, de ceux qui ont dit non à l’Europe libérale et lointaine lors du référendum de 2005 ». Et aussi une écoute de «tous les Français qui, élection après élection, ne votent plus. Une moitié de la France. De tous les Français qui ne se sentent plus représentés par les partis politiques et qui veulent retrouver tout leur rôle et toute leur place. De tous les Français qui ont le sentiment que leur parole a été confisquée et qui veulent se faire entendre ». Une vision enfin, «Et j’ai vu l’humiliation d’ouvriers qui ont construit une vie de travail et qui du jour au lendemain sont expulsés de leur usine, comme s’ils avaient moins de prix que les machines et les stocks. J’ai vu, à l’heure de la valse des milliards pour sauver les banques, la colère de tous ceux qui ont le sentiment de devoir payer pour une crise dont les responsables se tirent toujours à bon compte »
Il y a ensuite une analyse lucide de la situation : «On voulait croire le marché infaillible, il ne l’est pas. On voulait croire que les États ne feraient pas banqueroute. Ils le peuvent ». Ou encore : « Aujourd’hui l’Europe donne le sentiment que la préservation des intérêts des peuples d’Europe passe souvent derrière la défense de dogmes ultralibéraux : politique de la concurrence, démantèlement de nos monopoles de services publics, dérégulation du marché agricole ». Et même : « La croissance, c’est l’emploi »
Il y a enfin, attitude très gaullienne, le refus, « Nous n’acceptons pas que soit démonté brique à brique ce qui fonde notre République Démocratique et Sociale, née dans l’épreuve au sein du Conseil National de la Résistance. Nous n’acceptons pas qu’un gouvernement laisse filer les déficits et la dette au prix de graves inégalités. En cinq ans, la France sera mise à la merci de ses créanciers. Nous n’acceptons pas que l’État puisse se mettre au service de l’intérêt particulier et que l’argent puisse prendre le pas sur l’intérêt général. Nous n’acceptons pas qu’on touche à l’indépendance de la France, en revenant dans le commandement intégré de l’OTAN ». Un refus fondait sur des convictions qui se veulent inébranlables : « Quand la France se renie, ce n’est pas la France. Car nous croyons au destin de la France ».
Vous avez voulu placer votre discours sous le signe de la vérité donc ce doit être celui des choix assumés. Or les conséquences de votre discours, vous ne pouvez pas l’ignorer, vous font en quelque sorte obligation d’investir pleinement, maintenant et à l’avenir, le champ politique délimité et occupé depuis 20 ans par la famille souverainiste. Car enfin, qui depuis au moins le référendum de 1992 sur Maastricht passe le plus clair de son temps à dénoncer cette Europe de Bruxelles qui se fait au détriment des intérêts vitaux de notre pays, en contradiction avec l’exigence de la souveraineté nationale, qui charrie des dogmes ultra libéraux importés d’outre manche qui sont à mille lieux du génie national français ? Qui s’oppose avec constance et acharnement à la perte de l’Indépendance nationale dans des organismes militaires intégrés, qu’ils soient à l’échelon européen ou de l’Atlantique Nord ? Qui refuse cette idéologie mondialiste dont les dérives financières mettent en danger de mort les économies nationales, les Etats mêmes ? Qui alertent sur le démantèlement de notre modèle national, fait de solidarité, de service public et en même temps d’initiatives privées et de maîtrise des technologies les plus innovantes? Les souverainistes vous le diront, unanimes cette fois ci…C’est eux !
C’est chez eux aussi que vous trouverez les solutions aux maux dont est accablé notre pays aujourd’hui ! Monsieur Le Premier Ministre, si les Français ont dit « non ! » en 2005 par référendum à la constitution Européenne, il ne sert à rien d’y revenir, non, c’est non ! Le traité de Lisbonne devient de facto une forfaiture. Monsieur de Villepin, le patriotisme économique, il ne peut s’envisager qu’au niveau national sous peine d’imaginer une chimérique patrie Européenne. L’Europe ne sera jamais la terre des pères, c’est celle qui fait remonter jusqu’à nous le cri du sang versé par les fils ! Monsieur le président de la « République Solidaire », notre modèle économique et social ne peut s’appuyer face à la mondialisation que sur l’Etat nation aux pouvoirs régaliens respectés et pleinement restaurés. Un Etat qui se voit privé du droit de battre monnaie, d’encadrer le crédit, de contrôler les changes n’est plus un Etat digne de ce nom ! Une Nation qui n’a plus les moyens de se protéger contre la concurrence et les visées hégémoniques de ces voisins, qui ne peut plus défendre son agriculture, son industrie, sa culture, est condamnée à brève échéance à disparaître. Une société qui n’assure plus la sécurité tant physique que psychologique de ses membres tombe irrémédiablement dans la décadence et ceux qui la composent dans l’esclavage.
« Nous, citoyens rassemblés, de toutes origines, de toutes conditions, pour dire une seule chose : nous voulons vivre ensemble, rebâtir une nation et incarner une certaine idée de la France » est la justification ultime de votre Rassemblement qui se veut de mission. Alors Monsieur le Premier Ministre, encore un effort si vous voulez devenir un authentique souverainiste, comme semble vous y pousser tant votre réflexion, vos convictions les plus profondes que votre tempérament gaullien, que vous affichez avec un enthousiasme communicatif ! Quittant le cercle restreint et limité de la pseudo raison et du politiquement correct, vous trouverez dans notre famille politique des militants sincères et débordants d’énergie, des idées toujours aussi neuves qui n’auront pas été salies par une pratique qui en aurait trahie l’esprit. Vous ravirez aussi nombre de vos soutiens actuels qui vous poussent depuis le début à franchir ce Rubicon politique. Vous mettrez enfin vos actes en adéquation avec vos paroles, sans peur de déplaire, en assumant pleinement le mandat historique que la nation vous a peut être délivré un soir de février 2003 lorsque renouant avec la mission singulière de la France vous avez su poser un acte politique fort au sein même du concert des nations, un acte qui fait date et vous donne aujourd’hui une légitimité que vous ne sauriez elle aussi ne pleinement assumer sous peine de déchoir ! La noblesse oblige, la légitimité commande d’être à la hauteur de ces cimes que le destin politique vous a ce jour là assigné.
Nicolas STOQUER, Président du Rassemblement Pour La France.
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