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Près d'un mois après l’enlèvement au Niger, sur le site minier exploité par le groupe nucléaire AREVA à Arlit, de sept otages dont, parmi les cinq français enlevés, une femme atteinte d'un cancer qui requiert des soins vitaux, les ravisseurs viennent finalement de faire connaître leurs revendications.
Selon les informations rapportées par la chaîne de télévision Al Arabiya, installée à Dubaï, le groupe Al Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) réclamerait, en échange de la libération de nos compatriotes et de leurs deux compagnons d’infortune, originaires de Madagascar et du Togo, l'abrogation de la loi portant interdiction du port en France du voile islamique ainsi qu’une rançon de 7 millions d'euros.
Pour peu qu’elles soient confirmées, ces revendications à caractère politico-mafieux sont parfaitement irréalistes et ne sauraient dès lors être honorées d’aucune manière par la France. En refusant de céder à ce chantage invraisemblable, notre pays doit exprimer, sans la moindre équivoque, son refus catégorique de se laisser intimider, tout en oeuvrant à l’élargissement rapide des sept otages.
Pas plus que notre pays, aujourd’hui victime indirecte de ce monstrueux chantage, les employeurs de ces sept otages, dont le groupe AREVA, ne sauraient pareillement se compromettre avec des ravisseurs qui viennent, une fois de plus, de tomber le masque : la rapine et l’enlèvement d’individus vulnérables sont le lot quotidien de ces terroristes qui, en réalité, ne rêvent que de s’en prendre lâchement à l’Occident et à la France en particulier, sous couvert de leur misérable commerce.
Plus fondamentalement, l’affaire des otages du Niger place l’Islam de France devant ses responsabilités morales, tant il est vrai que ce drame met à l’épreuve la loyauté de ses fidèles et de ses instances représentatives à l’égard de notre pays.
Parce que les terroristes de l’Aqmi invoquent en permanence les mannes de l’Islam pour justifier leurs sanglantes opérations partout dans le monde, il appartient à ceux de nos compatriotes qui professent cette religion et la pratiquent paisiblement dans notre pays, de dénoncer pareille instrumentalisation de leur foi et de s’en insurger vigoureusement, en opposant publiquement à ces revendications crapuleuses une fin de non-recevoir définitive.
Quelque soit la nature, réelle ou supposée, des exigences d’Al Qaida, les Français de confession musulmane doivent contribuer, plus que tous autres, à l’émergence partout en France d’un puissant mouvement d’indignation. En attendant de voir nos compatriotes de confession musulmane se précipiter massivement dans les rues pour y manifester unanimement leur colère, j’exhorte solennellement les autorités représentatives de l’Islam de France où qui se présentent comme telles, du Conseil français du culte musulman (CFCM) à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), à sortir de l’ambiguïté et à prendre enfin nettement position : leurs voix doivent, dans un même élan de sincérité, réclamer la libération immédiate des sept otages du Niger et exprimer, sans aucune concession, un refus d’adhérer, pour le présent comme pour l’avenir, aux pratiques inqualifiables autant qu’aux revendications condamnables du groupe Al Qaida au Maghreb islamique.
Aujourd’hui, plus que jamais, les Français de confession musulmane, dont je ne suis plus, ainsi que leurs coreligionnaires étrangers vivant en terre de France, doivent prendre leurs responsabilités et afficher sans réserves leur solidarité indéfectible à l’égard des sept malheureux captifs qui endurent, dans l’angoisse de la solitude, l’épreuve d’une détention illégitime. Du fond de leurs tanières, leurs geôliers doivent dorénavant se convaincre qu’ils ne peuvent attendre des Français musulmans, pas plus que de nos autres compatriotes, par delà les appartenances politiques, religieuses ou philosophiques de chacun, l’expression de la moindre bienveillance ou la manifestation d’une quelconque complaisance à l’égard de leurs entreprises criminelles.
Aujourd’hui en vie, les sept otages du Niger ne doivent pas subir le sort tragique des sept moines trappistes du Monastère de Tibhirine
Karim Ouchikh
Vice-Président du RIF
(Rassemblement pour l’indépendance et la souveraineté de la France)
12 octobre 2010
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