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Dettes : voyage au bout de l’enfer…
Il y a quelques temps, je vous faisais part d’une possible manipulation politico-financière afin de mieux nous asservir avec pour terrain d’expérimentation l’Etat grec en raison de son faible dimensionnement pour ne pas avoir de répercussions létales pour l’ensemble du système édicté par la technocratie oligarchique financière. Je vous avais également mis en garde contre un risque évident de généralisation d’une crise qui risquerait de se retourner contre les auteurs de ce racket organisé de main de maître par les banksters, mot composite qui est l’association de banquier et de gangster (une belle association de mots tout comme de malfaiteurs de l’humanité sans, aucun doute…) qui désormais nous gouvernent. Hélas, force est de constater que plus d’un an après, mes inquiétudes se sont révélées non seulement prémonitoires mais d’une ampleur sans doute encore bien plus terrifiante que ne pouvait le supposer le quidam ordinaire…
Certes, nous avons eu droit aux coups de yo-yo des marchés avec les inévitables rallyes financiers tant à la hausse qu’à la baisse, s’adjugeant ou perdant en une seule séance des sommes faramineuses tant en valeurs qu’en pourcentage. L’on voit bien ou tout du moins on subodore les évidents délits d’initiés afin d’engranger encore plus de profits sur une période très courte, parfois quelques heures, et ce au détriment bien évidemment du petit porteur, peu ou pas au fait des manigances orchestrées afin de mieux le dépouiller du fruit de son travail et de son épargne, bradant ses avoirs à perte, de peur de perdre encore plus le lendemain… et rachetant à prix fort lorsque le marché est presque à son zénith, sous les bonnes recommandations de son conseiller financier ! Mais si nous analysons en profondeur la situation, le marché est bel et bien dans l’œil du cyclone et engrange des pertes abyssales. En cela il a été aidé par les évènements, non prévisibles selon les dires de nos gouvernants, mais qui en réalité l’étaient tout à fait… Après le printemps arabe qui a vu son lot de révoltes dans tout le Maghreb mais aussi bien au-delà (Yémen, Syrie, etc.) demandant plus de libertés (sic !), nous avons eu droit à un été européen avec non seulement l’enfoncement dans la crise des pays les plus fragiles de l’édifice européen (Portugal, Irlande, Italie, Espagne et Grèce – les fameux PIIGS, cochons en anglais) et la naissance spontanée de mouvements populaires au travers de manifestations gigantesques ou d’occupation des capitales avec ceux que l’on appelle désormais les indignés. A ces deux saisons au purgatoire, nous pouvons maintenant en rajouter deux autres qui, elles, s’apparentent plutôt à l’enfer que les peuples vont subir. En effet, nous assistons en ce moment à l’automne de la finance, des systèmes monétaires savamment mis en place par nos euro-mondialistes qui ne juraient que par ce que j’appelle le syndrome du B.A.U. – pardonnez cet anglicisme, mais il est représentatif de la perversité du système - le Business As Usual (les affaires comme d’habitude, comme si de rien n’était…), et au final l’effondrement des monnaies (Euro et dollar…) qui vont tomber comme les feuilles mortes… Et le scénario catastrophe ne s’arrête pas là : nous allons avoir droit à un hiver islamique radical, n’en déplaise aux donneurs de leçon de morale et de bonne conscience, qui, sous de fallacieux prétextes sont allés jusqu’à vouloir déloger des tyrans dont on s’accommodait fort bien au demeurant jusque-là, les Ben Ali, Kadhafi et autres Moubarak… Mais là aussi, le marché a fait sa loi… En effet, comment pouvoir consommer et se goinfrer d’or noir à un coût peu prohibitif pour la bonne marche de nos petites affaires ? Pour mémoire, il convient de savoir que la production mondiale d’or noir journalière a atteint des sommets et trouve son apogée dans ce que l’on nomme le fameux Peak Oil ou pic de Hubbert, le pic pétrolier, c’est-à-dire la quantité maximale de pétrole extractible en une journée compte-tenu de l’épuisement des richesses naturelles, soit environ 87 millions de barils par jour actuellement… Or, de nouveaux acteurs sont venus troubler le jeu bien établi des pays énergivores, l’Occident principalement, en l’occurence la Chine, l’Inde et d’autres pays émergents qui aspirent à un mode de vie occidental pour chacun de leurs concitoyens… en devenant, eux-aussi, des consommateurs effrénés de cette huile noire et malodorante… Cette nouvelle consommation est venue se surajouter à celle des pays de l’OCDE, principaux consommateurs traditionnels, entraînant de fait une forte tension sur la demande… Et comme la production ne suivait plus, en raison du tarissement des puits anciens comme le gigantesque de Ghawar en Arabie Saoudite, toute demande supplémentaire entraînait de fait une tension sur les prix, risquant du même coup de provoquer une crise économique en raison du surenchérissement de nos approvisionnements énergétiques. A cet effet, l’Arabie Saoudite qui jouait jusque là le rôle de tampon et de modérateur des prix en subvenant aux carences de production d’un pays membre de l’OPEP pour fait de guerre ou autre (ex : la guerre Iran-Irak), n’est plus en mesure de le faire en raison de l’épuisement de ses propres réserves, et, pour maintenir la situation en termes de volume, est obligée d’injecter des millions de litres d’eau de mer pour maintenir la pression suffisante en tête de puits…Tout soubresaut dans l’offre pétrolière, allant des caprices et l’opposition aux U.S.A. du président vénézuélien Chavez, aux problèmes politiques intérieurs du Nigéria et du bon vouloir de notre ancien meilleur ennemi, à savoir le colonel Mouammar Kadhafi, qui avait la fâcheuse tendance à ne pas vouloir exporter tout le pétrole libyen possible… était de nature à déstabiliser le marché en l’entraînant vers une tendance haussière. Tiens, nous y voilà ! En effet, même s’il manquait 1 ou 2 millions de barils par jour, et nous en sommes rendus à ce point de tension, c’est-à-dire moins de 2 pourcent de la production mondiale, pour rétablir les prix dans une fourchette acceptable pour les marchés, il ne fallait pas qu’un fantasque mégalomane vienne semer le désordre dans la boutique pétrolière… L’intervention des forces de l’OTAN en Libye n’avait pas d’autre origine que des visées hégémoniques sur l’or noir dont le sous-sol recèle ! Il fallait absolument assurer les arrières pour maintenir la production mondiale sur un bon cap, mais pour combien de temps encore, afin de satisfaire à l’appétit des marchés. Alors, lorsque l’on voit un Sarkozy ou un Juppé s’émouvoir de la population libyenne opprimée, il y a franchement de quoi rire… Et l’on voit poindre allègrement les ambitions des occidentaux, prétextant des massacres de population et attisant les rivalités tribales ancestrales entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine pour simplifier la réalité, la situation locale étant beaucoup plus complexe, afin de justifier le prix de leur intervention militaire… Prix ? Oui, ce mot sonne juste puisqu’il frise les 500 millions d’euros rien que pour la France ! Comment ne pas s’émouvoir des sommes énormes englouties dans cette guerre inutile alors que de l’autre côté on nous saigne aux quatre veines pour rétablir les comptes de la nation sous la pression des agences de notations, elles-mêmes aux ordres de la conspiration financière ? Et là, l’inconséquence pour ne pas dire l’irresponsabilité de nos soi-disant responsables politiques, a fait basculer des pays qui étaient certes menés par des personnes à l’ego exacerbé et au pouvoir autocratique, mais qui, fondamentalement, n’étaient pas (trop) défavorables à nos sociétés occidentales. Chassez le naturel, et il revient au galop dit le proverbe, mais pour des pays peu habitués à un régime démocratique, vous risquez fort de voir arriver au pouvoir de bien plus vils et redoutables personnages, pseudo-théocrates à l’idéologie conquérante sous la houlette des islamistes radicaux… Jean-Jacques Rousseau dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes disait en substance : « Les peuples une fois habitués à des maîtres ne sont plus en état de s’en passer. ». Et pour l’enfer hivernal, nous voyons se profiler les Frères musulmans en Egypte et le parti islamique radical Ennahdha fraîchement élu en Tunisie, pour ne faire que citer qu’eux, en lieu et place des anciens « dictateurs »… La charia a également repris ses lettres de noblesse en Libye sitôt le tyran Kadhafi déchouqué ! Quelle manque de lucidité et d’anticipation, le remède s’avérant bien pire que le mal ! Nous y reviendrons ultérieurement…
Mais quel rapport entre la crise de la dette et le pétrole, me direz-vous ? Et pourtant il existe bel et bien, et à plus d’un titre ! En premier lieu, nous l’avons vu, le coût en lui-même de l’intervention militaire pour libérer les champs pétrolifères (et non le peuple libyen…) vient alourdir encore plus le montant de notre déficit budgétaire et par répercussion le montant de notre dette. Ensuite, et cela procède de la stratégie dans l’art militaire, les manœuvres de diversion pour étouffer ou tout du moins rendre moins visibles les effets de la crise de la dette et ses répercussions économiques sur les peuples qui en souffrent. Pendant que l’on parle de la guerre en Libye à la une des journaux, télévisés ou non, on occulte la réalité quotidienne et, pis encore, sous prétexte d’humanisme, on essaye de redorer son blason, plus qu’écorné sur le plan intérieur, sur la scène internationale… Sondages, quand tu nous tiens !!! Une troisième raison a trait au fait que la grande majorité des pétrodollars sont également investis dans les dettes souveraines des pays occidentaux, accentuant encore plus la spéculation au gré des rendements et des taux d’intérêts… Mais il y a également d’autres raisons dont vous ne soupçonnez sans doute pas le lien : et si cette crise de la dette avait été sciemment orchestrée ? Oui, mais alors dans quel but inavouable ? La raison pétrolière prend ici toute sa signification si l’on connaît un peu les rouages macro-économiques. En effet, la consommation d’or noir est directement liée et corrélée à l’activité économique, et en période de croissance de celle-ci au niveau mondial, la consommation de pétrole augmente dans les mêmes proportions. Or, nous l’avons vu dans le paragraphe précédent, la production de pétrole a bien du mal à suivre la demande en raison de l’épuisement des ressources. Et c’est là qu’intervient l’arme stratégique de nos financiers : bloquer la consommation et donc ralentir la croissance économique en se servant de la finance à outrance, de la spéculation sur les marchés pour ralentir la consommation de pétrole, et donc, de ce fait, retarder l’échéance du spectre de la déplétion pétrolière avec son cortège de mauvaises nouvelles : guerres, famines, pauvreté, etc. Nous n’allions quand même pas risquer un conflit majeur au Moyen-Orient pour le pétrole alors que nous ne sommes même pas encore sortis d’Irak et d’Afghanistan ! Par analogie à la cancérologie, la haute finance a utilisé l’anti-angiogénèse, technique qui consiste à ne plus irriguer la tumeur par les vaisseaux sanguins pour affaiblir la tumeur, en asséchant le marché pour provoquer une crise financière et économique en affamant le peuple… Oui, la crise de la dette a été bel et bien provoquée pour que la consommation d’or noir reste d’autant plus sage et acceptable que les pays émergents ont eux-aussi leurs exigences en termes de soif de consommation. Il le fallait d’autant plus que la terre a atteint 7 milliards d’habitants et que chacun d’entre eux aspire à un mode de vie à l’occidentale… Autant réaliser la quadrature du cercle. Imaginez juste un seul instant ces chiffres : chaque année c’est l’équivalent d’un pays aussi peuplé que l’Egypte (et bientôt la Turquie…) qui apparaît sur la planète, soit peu ou prou 80 millions de bouches à nourrir en plus, ou si vous préférez, chaque jour une ville comme Bordeaux ou Rennes en plus à la surface du globe ! D’aucuns prétendent pouvoir nourrir 9, 10 voire même 12 milliards de personnes. Ce raisonnement peut sembler tenir la route dans une société d’abondance et de ressources illimitées en énergies fossiles, mais dans un monde sans pétrole, cela relève de l’utopie pure. Nous en reparlerons bientôt. Alors, la spéculation a repris son bon droit, le chemin du casino sur les marchés des matières premières, sur les monnaies, sur la dette des états souverains… Rappelez-vous, le B.A.U… Faites vos jeux, rien ne va plus. Mais cette fois rien ne va désormais plus ! Ils ont un peu trop forcé sur la dose… Ah zut, le zéro existe aussi à la roulette, et nous sommes tombés dessus !
Et pendant ce temps-là, nos chers conspirateurs financiers ont mis en place leur stratégie de conquête du pouvoir… Et cette fois, le terrain d’expérimentation étriqué de la Grèce a été élargi de façon à satisfaire leurs appétits gargantuesques… Il fallait d’autres victimes… Et L’Espagne, puis très vite l’Italie ont été la proie des ogres financiers, hypothéquant l’avenir de dizaines de millions de personnes… La France maintenant est en point de mire avec l’augmentation de ses taux d’emprunt et d’une possibilité de dégradation de sa note triple A. Mais ne croyez surtout pas que l’Allemagne en dépit de sa force économique soit à l’abri. Non, elle va plonger aussi par réaction en chaîne, mais aussi compte-tenu de sa faible démographie qui, dans les années à venir, sera son boulet à traîner… Mais pourquoi s’attaquer à des pays qui, comme la France, n’ont que 82 % de taux d’endettement par rapport à leur PIB, soit sensiblement la moyenne européenne, alors que les USA viennent d’atteindre les 100 % de leur PIB, soit le chiffre effarant de 15 200 milliards de dollars ? La réponse est toute simple : les USA préfèrent voir couler l’Euro et faire déverser des mauvaises nouvelles sur les pays européens pour mieux cacher leurs propres faiblesses structurelles intérieures. Pendant que l’on parle de la crise de la dette européenne, on oublie un peu (trop) celle en cours aux USA… Il est amusant de noter les injonctions américaines du président Obama aux européens afin qu’ils prennent des mesures drastiques pour stabiliser leurs endettements respectifs. L’hôpital qui se moque de la Charité… En quelque sorte, les USA adressent un message clair, au travers des agences de notation, aux pays qui possèdent la dette des pays occidentaux, en l’occurrence les pétromonarchies et la Chine pour simplifier, choisissez entre le dollar ou l’Euro ! Et comme les bons du Trésor américain atteignent des sommets en termes de montants, les pays créditeurs sont en proie au doute et à la réflexion pour perdre le moins possible devant ce choix cornélien, en d’autres termes nous sommes en pleine concurrence avec les américains sur le montant de nos dettes respectives et la faculté de pouvoir les rembourser, totalement ou partiellement… A bien choisir, les investisseurs préfèrent perdre moins au jeu et, de ce fait, axent leurs attaques sur la zone Euro au travers de ses maillons faibles que sont les PIIGS. Mais ce n’est que partie remise, car tôt ou tard, la crise de la dette américaine reviendra sur le tapis et l’euro ne sera plus la seule monnaie à s’effondrer !
Mais si vous avez aimé la crise des subprimes (qui touchait les prêts hypothécaires à risque aux USA) qui a entraîné la crise économique de 2008, vous allez vraiment pour le coup adorer celle des CDS (Credit Default Swap – une sorte d’assurance contre le défaut de paiement des emprunteurs), car le mécanisme qui les gère est autrement plus destructeur… Les subprimes ne représentaient que la somme dérisoire (sic) de 1200 milliards de dollars au départ (beaucoup plus au final…) alors que les CDS, qui ne sont en fait que des produits dérivés émis par des banques d’investissement, elles, représentent la bagatelle somme de, excusez du peu mais j’ai du mal à écrire le montant tellement il est astronomique, 233 000 milliards de dollars, soit 233 avec 12 zéros derrière, selon la FED américaine (http://www.occ.treas.gov/topics/capital-markets/financial-markets/trading/derivatives/dq210.pdf ) !!! Oui, chers amis, pas moins de 4 fois la richesse produite par toutes les économies du monde en une année,… Là, les enjeux sont tout autres ! Et encore une fois, nos banksters sont à la manœuvre… Et l’on comprend que mieux l’empressement du tandem Merkel-Sarkozy à vouloir endiguer le processus de faillite d’un état, la Grèce, qui par effet dominos entraînerait d’autres pays européens, en établissant le Fond Européen de Stabilisation Financière, qui éviterait de mettre en branle le système des C.D.S. encore plus dévastateur en raison de la réaction en chaîne qu’il susciterait compte-tenu de sa forte volatilité. Mais ce n’est de toute évidence que partie remise, la collusion entre le politique et la finance ne fait désormais plus aucun doute. Pour s’en convaincre il suffit de voir le putsch que vient de réaliser Goldman-Sachs sur la souveraineté des états. A ce sujet, il est bon de rappeler quelles sont les fondamentaux essentiels de la souveraineté d’un état, et ce, afin de mieux pouvoir comprendre comment, selon la politique des petits pas, nous avons transféré nos pouvoirs essentiels et notre faculté de prise de décision individuelle au seul profit de technocrates, non démocratiquement élus, à la solde de l’industrie financière. Pour pouvoir prétendre à sa souveraineté, un Etat, quel qu’il soit, doit pouvoir battre sa monnaie afin d’ériger sa politique monétaire et économique comme il l’entend. La deuxième des trois conditions exige de cet Etat de pouvoir édicter et de voter ses propres lois dans un espace géographique délimité, en l’occurrence à l’intérieur de son territoire national. Enfin, cet Etat se doit de faire respecter et appliquer les lois qu’il a fait voter avec pour garant le pouvoir exécutif. Nous retrouvons donc le triumvirat du pouvoir monétaire, législatif et judiciaire, le tout sous le contrôle de l’exécutif incarné par le Président de la République. Force est de constater que le pouvoir monétaire a été abandonné au profit de la Banque Centrale Européenne lors de la création de l’Euro et de la ratification du Traité de Lisbonne… En ce qui concerne le pouvoir législatif, là aussi il y a eu transfert progressif de nos prérogatives et des parlements nationaux de pouvoir édicter leurs propres lois, celles-ci devenant l’apanage quasi-exclusif de la technocratie de la Commission Européenne dont les membres ne sont pas élus démocratiquement, faut-il encore le rappeler. Ainsi, quasiment toutes nos lois doivent être en accord avec les principes édictés par la junte bruxelloise… sous peine de sanctions, d’amendes, de pressions, etc… Cela ressemble fort à de la dictature… A ce titre, il est utile de revenir sur Rousseau, encore lui, qui déclarait : « Toute loi que le peuple n’a pas ratifié est nulle ; ce n’est point une loi. La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle ne peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. ». Nos euro-technocrates seraient bien inspirés de se rappeler de ces évidences sous peine de s’attiser la haine des peuples. Enfin, le pouvoir exécutif qui doit veiller à la bonne mise en place et application des lois a subi, sous la présidence sarkozienne, ses plus forts revers tant la désacralisation de la fonction a été mise à mal. De plus, la collusion entre le politique et le financier est tellement patente que le respect de la fonction n’a plus cours. Et, chemin faisant de la crise de la dette, la haute finance a réclamé et obtenu que des têtes tombent pour mieux pouvoir mettre en place les plus hauts dignitaires de l’oligarchie financière à la tête des Etats sans passer par la case démocratique préalable ! Quel tour de force où l’on voit la pieuvre finance nous enserrer dans ses tentacules : Mario Draghi, ancien banquier central et ancien vice-président de Goldman-Sachs propulsé à la tête de la Banque Centrale Européenne, Lucas Papademos promu au rang de premier ministre grec sans avoir été élu après avoir été un ancien banquier central lui aussi et en lien avec Goldman-Sachs dans le maquillage des comptes grecs, et pour finir, Mario Monti, ancien commissaire européen à la concurrence et consultant pour… Goldman-Sachs à la tête de la Présidence du Conseil italien sans même avoir été élu !!! On en viendrait presque à regretter les frasques de Berlusconi, qui, lui, avait été élu… Pour justifier ces coups de force inacceptables, on nous assène sous coups de mensonges médiatiques que l’échec de la création du nouvel espace monétaire européen est principalement dû au fait qu’il n’y a pas assez d’Europe. Errare humanum est, sed perseverare diabolicum (se tromper est humain, mais persévérer est diabolique), nous dit ce dicton romain. On prend les mêmes et on recommence en pire : encore plus d’Europe, toujours plus d’Europe et maintenant on veut même changer les traités pas assez conciliants…Ce ne sont plus des gouvernements démocratiques, mais bel et bien ce qu’aux USA on appelle désormais le « gouvernement Goldman-Sachs » qui a été mis en place en Europe ! Mais Goldman-Sachs n’est qu’un des acteurs de la collusion de la haute finance contre l’intérêt général des peuples puisque nous pouvons aussi lui adjoindre d’autres banques d’affaires telles Merryl Lynch, JP Morgan, Morgan Stanley, Bank of America, HSBC, UBS, Deutsche Bank et même la Société Générale ou BNP-Paribas… Mais ne sombrons pas dans l’anti-américanisme primaire, le peuple américain souffre lui aussi à cause de ces vampires financiers, avec un taux de chômage record à 9 pourcent et des millions de gens sans ressources. Le monstre Finance n’a pas fini de grossir, d’enfler, à l’image d’une étoile en fin de vie pour tout dévorer sur son passage, Irlande, Portugal, Grèce, Espagne, Italie et maintenant venir lécher de son rayonnement incandescent la France à son tour. Mais sa destinée finale sera bel et bien celle d’une supernova, qui, après avoir épuisé toutes ses réserves en énergie, éclatera en un feu du diable final dont les peuples auront du mal à se remettre.
Je vous parlais également d’un bol de riz pour tout salaire, mais la haute finance dans son appétit de pouvoir et d’argent ne pense même plus nous l’octroyer… Or, je vous le clame haut et fort, l’essentiel c’est l’existentiel, c’est-à-dire relatif au droit et au fait d’exister en qualité d’individus, d’êtres humains. Même cela le nouveau pouvoir dévoyé à la haute finance nous dénie ce droit absolument fondamental. Partout les maître-mots sont sacrifices, restrictions, économies budgétaires, retour sur les droits acquis par nos ancêtres, paupérisation à outrance, musèlement de l’information, liberté d’expression bafouée et j’en passe… Il faut bien une justification, un prétexte à tous ces reniements, à toutes ces forfaitures que l’on veut nous imposer de force. Oui, j’ose lors de cet appel vous apostropher vous tous, membres éhontés de la condition humaine à la solde de vos petits (et parfois gros…) intérêts personnels et financiers et m’adresser à vous en ces termes : « Messires, le peuple crie famine et vous ne l’entendez même point ! ». Partout les gens sont poussés au désarroi le plus total, les menant à la privation de nourriture, aux grèves, manifestations à travers le monde, occupations des lieux de la haute finance, de chômage de masse, ruine, perte de logement, de suicides lorsque plus aucun espoir ne fait place en guise d’alternative… Quel cortège funèbre nous préparons-nous ? Déjà les romains, encore eux, disaient avec justesse : « Toute société est en permanence à seulement 3 repas d’une révolution. Priver une culture de nourriture pendant plus de 3 repas et vous obtiendrez l’anarchie ! ». Léon Trosky flairant le bon coup s’en était inspiré et avait repris cette citation à son propre compte… Oui, vous avez bien lu, ce qui nous menace maintenant c’est l’effondrement complet de notre modèle de société avec l’avènement de révolutions qui ne manqueront pas de surgir dans un avenir proche… Mais celles-ci seront sans doute le passage obligé pour tout prix à notre liberté d’exister, et comme le disait fort bien Thomas Jefferson, « le prix de la liberté c’est la vigilance éternelle », peu importe la forme que revêt cette vigilance… Le peuple reprend toujours ses droits sur le pouvoir qui a osé dévoyer son pouvoir et le mandat pour lequel il a été élu. Vox populi, vox dei, nous dit encore une locution latine dont nos responsables devraient faire leur credo, que dis-je, leur pain quotiden, mais force est de constater que la voix du peuple, c’est la voix de Dieu, et l’ignorer c’est assurément s’exposer à sa vindicte…
Alors oui, je vous le dis, je vous l’annonce, bienvenu en enfer ! C’est aussi le chemin qu’avait connu Jésus avant sa résurrection… Les peuples devront sans doute passer par là pour se débarrasser des diktats et autres oukazes de la caste politico-financière qui nous gouverne.
Benoît Doerr.
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