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L’UNION BIENTOT DEMASQUEE.
Après le baroud d’honneur de Vaclav Klaus, la ratification du traité de Lisbonne par la République tchèque est désormais inéluctable. Dans quelques semaines, le traité entrera en vigueur, une nouvelle commission sera nommée, ainsi qu’un Président permanent et un haut représentant pour les affaires étrangères.
A quel prix !
A quel prix !
Il aura fallu s’affranchir du droit international, de la volonté des peuples, user de mensonges et dernièrement de menaces de destitution du Président tchèque pour en arriver à ce qu’éclate en grand jour la nature profondément dictatoriale de l’Union européenne à l’occasion de l’adoption de règles prétendument indispensables à son fonctionnement.
Désormais, nous savons qu’il n’y aura pas d’autre traité, que le moindre aménagement sera soigneusement évité, de peur de réouvrir la boîte de Pandore qu’on aura eu tant de mal à refermer. C’est le processus même de CONSTRUCTION EUROPEENNE qui s’achève, avec l’entrée en vigueur du traité, the last and the least.
En quittant le provisoire pour le définitif, nous perdrons en même temps l’espoir des lendemains meilleurs et les rêveries devant les plans de quelque future maison commune. Fini les projets d’autres Europe toutes différentes car toujours en devenir, fini les plans sur les comètes, les griseries des fuites en avant, le romantisme des cheminements laborieux per aspera ad astra.
Nous entrons dans la réalité glaciale de l’Europe définitive, celle qui fonctionne telle que ceux qui l’ont conçue la voulaient. Celle que les peuples ont tenté, en vain, de rejeter, après avoir trop tardivement réalisé qu’elle n’était pas la terre promise qu’on leur avait chantée.
Demain, avec cette entrée dans les lieux définitifs, disparait le sempiternel refuge de la fuite en avant. Il ne sera plus possible de s’excuser des maux engendrés par l’Europe réelle par la lenteur de la construction européenne.
S’appliquera alors au processus européen une loi immuable et universelle : quand une construction est achevée, les efforts déployés ne visent plus qu’à maintenir debout l’édifice, à retarder une fin désormais inéluctable.
Qui participera à ces efforts ? Certainement pas les peuples, humiliés de s’être fait imposé un empire qu’ils ne voulaient pas, mais seuls leurs dirigeants et tous ceux qui y trouveront un intérêt personnel. L’Union fonctionnera comme une prison, avec ses gardiens, et deux catégories de détenus : ceux inféodés aux gardes et les autres, solidaires entre eux. Secrètement ou non, tous nourriront des espoirs de liberté et de destruction de la geôle. Tous mineront les efforts des gardes pour maintenir debout la citadelle, bientôt le château de cartes.
Quand, au grand jour, les pièges apparaîtront pour ce qu’ils sont :
pour les peuples, piégés dans un empire incapable de cohérence démocratique sans la destruction préalable des identités nationales. (destruction interdite par les diverses clauses d’opt-out, principalement la clause allemande de la Cour de Karlsruhe, rappelant qu’il n’existe pas de « peuple européen »)
pour les entreprises soumises à des contraintes sans contrepartie, entravées par des chaînes qui les condamnent à perdre toutes les compétitions internationales.
Il restera à découvrir la seule vertu du traité, en son article 49A TUE qui dispose que « tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union » et se libérer.
Source : Decap’actu.
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