LETTRE OUVERTE A TARIQ RAMADAN
Écrit par Georges Martin   

LETTRE OUVERTE A TARIQ RAMADAN

Monsieur

Beaucoup de vidéos vous mettent en scène en ce moment. Actualité oblige ...

Vous êtes assurément un habile rhéteur, et ne dédaignez ni l'artifice de la parole, ni celui du regard. Mais dans ce second genre vous êtes moins convaincant, bien que les moments de colère (contenue) qui vous échappent ne vous desservent pas, puisque vos interlocuteurs, tout occupés à vous combattre sur le plan rationnel où vous les placez, ne les utilisent pas.

Ils nous déçoivent, mais vous davantage encore. Pourquoi ?

 

Parce qu'ils restent sur le terrain affectif, celui de notre identité menaçée, tout en voulant utiliser des arguments cartésiens, non appropriés.

Vous êtes aussi sur ce terrain affectif, celui de la vôtre, non d'une nationalité, (car on ne sait si vous êtes égyptien, français, belge, hollandais ou suisse), mais religieuse. Que vous assumiez, sans la revendiquer, votre filiation avec le fondateur des frères musulmans, ne nous gêne pas, bien au contraire; on nait et on reste l'enfant d'une famille, d'un pays et d'une civilisation, et la honte de certains qui se disent d'ancêtres Français est de le nier, et de les renier. Vous avez sondé cette eau de traîtres et vous avez compris que leur comportement, leurs propos étranglent, devant les media, les honnêtes gens qu'on vous oppose, et vous les maintenez sur le terrain des lois de la République, bien changeantes en vérité, des droits de la femme, une fable! car à certains égards elles y ont davantage perdu que gagné, enfin des droits de l'homme, et à bien vous écouter je ne crois pas qu'ils vous préoccupent beaucoup. Et malgré les éclairs qui jaillissent souvent de vos yeux, vous vous gardez bien de quitter cet espace où s'engluent vos interlocuteurs, et retournez leurs arguments.

C'est efficace, peut être diabolique, comme la fascination du serpent, mais ce n'est pas intelligent, ce en quoi vous nous décevez, car à la longue, à vous voir si souvent sur des plateaux étrangement combinés pour vous mettre en valeur, on connaît la ficelle, et on aimerait une corde. En soie, comme celle que vous vous préparez à passer au cou de l'Occident docile. Et on aimerait que vous le disiez, comme la cheftaine des "indigènes de la République". Vous maniez admirablement le Français, ce qui prouve que vous admirez notre langue, mais vous ne l'aimez pas, puisque vous l'utilisez seulement comme une arme et non comme un art. Vous n'aimez pas davantage l'Occident, (où vous vous complaisez pourtant), que vous voyez uniquement dans son état à peu près généralisé de décadence actuelle, facile à prendre, à dominer, surtout par des gens de votre détermination et de votre foi.

Mais nous ne sommes pas tous en France des bobos, des apatrides, des mécréants, des consommateurs de Mac Donald ou des fanatiques du stade, et encore moins des lâches. Nous avons deux mille ans d'Histoire et de Civilisation, un pays fait de la persévérance de Rois et façonné par aussi deux mille ans de christianisme, qui nous ont pétris nous aussi de foi et de détermination, et que le laïcisme, hystèrique semble t il, de certains et certaines, voudrait bien effacer. Ils y ont presque réussi, et préparé ainsi le terrain à de nouveaux maîtres, ceux dont vous souhaitez, peut être, faire partie.

Or nous ne sommes pas dupes: l'histoire est pleine de ces préliminaires, parfois de séduction, parfois de menaces. A lucidité égale, nous avons droit à la loyauté. Prenez de la hauteur, et de l'élégance, qui n'est pas seulement celle du costume, ayez le courage de la franchise, celle des gens d'honneur, et avouez: oui, nous réclamons des lois qui nous conviennent, avant de vous les imposer par notre nombre, oui, nous voulons investir l'Europe, en commençant par la France, parce que son "exception", ses scrupules l'ont désarmée.

Mais nous n'entendrons pas ces paroles, qui ne relèvent pas de votre stratégie, et de cet air de consternation et de mépris dont vous vous parez si souvent, vous nous accuserez de pur procès d'intention. Vous tenterez de nous intimider, tactique reconnaissable, et chercherez, moins aisément, à contredire ce qui est, vous le savez, notre constat par intuition, observation et intime conviction.

Alors, bien solides dans notre domaine, l'affectif, nous affirmerons: non, nous ne laisserons pas changer la France, parce que c'est la nôtre, notre berceau, notre havre, notre bien, le sol de nos demeures et des tombes de nos pères. La France est notre gloire, qui porte nos parvis de cathédrales, nos chapelles, nos tours, nos murailles, les témoins de notre histoire; parce que c'est la terre où nous parlons notre langue , où nous apprenons notre littérature, où nous vivons ensemble , y compris avec ceux venus d'ailleurs, qui en ont compris la grandeur et la noblesse, qui l'ont embrassée. Et ne nous parlez pas d'assimilation, que vient faire ici ce terme médical? mais de fusion. celle des métaux nobles.

Sans doute pourrez vous brandir le droit du sol, et nous vous répondrons: c'est bien là le crime et la récidive. Un sol, un territoire, cela se gagne, se mérite, y vivre est la récompense, parfois la félicité. Etre et parler français, cela se conquiert, et devient source de fierté.

Vous invoquerez l'adaptation à la modernité, le changement des sociétés, la mondialisation, mots favoris des politiciens, qui vous ont offert des tribunes sans contradicteurs dans leurs universités; puis vous prononcerez ceux qui les terrifient: conservatisme, exclusion, discrimination, pour ainsi évacuer l'important: l'identité.

Alors encore une fois vous nous aurez déçus, à palabrer comme eux ....

Nous préférons des termes nobles, ceux dont on a voulu effacer la grandeur: charité, fidélité, tradition, car ils sont garants de toute pérennité .

Pérennité, qui touche à l'éternité .... Est ce trop haut pour vous?

Françoise Buy Rebaud 21 novembre 2009

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