LETTRE OUVERTE A MONSIEUR E.WOERTH
Écrit par Georges Martin   

Le 12 juin 2010.

Lettre ouverte à Monsieur Le Ministre du travail et des affaires sociales.

 
L’erreur est humaine certes, mais,
s’y enfermer n’est il pas une lâcheté ? ….
 
Mr E.WOERTH Ministre des affaires sociales
Ministère des affaires sociales
8 Avenue de Ségur 75500 Paris
 
Monsieur Le ministre,
 
 
La mission qui vous a été confiée afin de rétablir l’équilibre des comptes de notre système de retraite est capitale. En effet, des millions de retraités, piégés par un système devenu malhonnête, et inadapté, vont dépendre des initiatives que vous prendrez. C’est dire que notre économie et l’harmonie sociale en dépendront.
 
Par ailleurs, le système par répartition, ne peut survivre par lui-même, dans la mesure ou les bases démographiques sur lesquelles il fut établi ont évolué de façon drastique. Ainsi entre l’époque ou il fut mis en place, 1945 et ce jour, le nombre d’actifs pour un retraité est passé de 7 à 1,7 et encore, faut il considérer cela comme une moyenne car dans certaines administrations telle la SNCF , en raison de la précocité de départs en retraites, le nombre de retraités dépasse nettement celui des actifs.
 
Dans ces conditions monsieur le ministre , comment peut on envisager, sans subterfuge plus ou moins tortueux, de maintenir une formule qui nous prouve depuis des décennies, qu’elle est dépassée, génère des déficits incoercibles, et constitue pour le pays un risque sérieux de faillite et de troubles sociaux graves ?
 
Il n’est pas que le principe sur lequel est fondé le système qui affiche son décalage, avec la réalité présente, mais également, les conditions de sa gestion. Je n’entrerai pas dans la polémique sur ce point, mais vous ne pouvez ignorer les ‘’ libertés ‘’ prises par certains syndicalistes avec les fonds des caisses dont la gestion leur a été confiée. On ne peut affirmer que la moralité qui les anime soit exempte de reproches.
 
Si par conséquent, vous ne modifiez pas au moins ces deux paramètres et refusez d’envisager la capitalisation dans des conditions sérieuses et prudentes, il est évident que comme vos prédécesseurs, vous échouerez dans un marchandage dissolvant avec les syndicats, ou les retraités actuels et à venir du privé, paieront, une fois encore, le prix de ces reculades politiques. Je pèse mes mots.
 
Le système par répartition est mort. Ne pas l’admettre c’est aggraver la situation et faire payer aux contribuables les folies idéologiques et les arrières pensées de parasites nuisibles.
 
Il convient Monsieur Le Ministre, pour prouver votre intention d’aller au fond des choses, de ne pas éluder les aspects suivants :
 
  1. Supprimer les aides aux régimes dits spéciaux, qui constituent une entreprise de siphonage permanent des caisses du secteur privé et vivent de l’argent des contribuables. De sorte que les déficits de systèmes privilégiés, sont en permanence transférés aux caisses du privé ainsi menacées de ruine.
 
  1. Il faut faire en sorte que les organismes et entreprises d’état ou nationaux aient de véritables caisses de retraites, ou fonds de pension alimentés par les cotisations de leurs adhérents, et sans intervention de l’état avec l’argent des contribuables, ou celui des caisses de retraites du privé ce qui est inique.
 
  1. La gestion de ces caisses de retraites et fonds de pension ne peut évidemment pas davantage être confiée à des syndicats inconséquents et politisés à l’extrême.
 
  1. Remettre en cause ces prélèvements arbitraires et unilatéraux me parait être d’une urgence absolue. L’état doit en effet s’interdire toutes manipulations prélèvements et autres interventions visant à prendre aux caisses du privé les fonds manquants à des organisations privilégiées et mal gérées. Cette façon de faire est profondément injuste et ne peut être qualifiée d’honnête.
 
  1. Il faut monsieur Le Ministre, pour les générations nouvelles, faire en sorte que les efforts qu’ils font pour se constituer une retraite ne constituent pas des fonds perdus en grande partie ou presque, mais soient gérés de façon sérieuse afin de cesser les dispositions arbitraires auxquelles les retraités français du privé sont, depuis trop longtemps, constamment confrontés. Je veux parler aussi, des manipulations constantes, des taux de cotisations, des plafonds de diverses natures, et autres trucages assez peu reluisants.
 
  1. Vous ne pouvez par conséquent pas, fusse pour des raisons politiques éviter d’introduire dans le système une part de capitalisation défiscalisée. Cela existe d’ailleurs pour les régimes spéciaux, et notamment les fonctionnaires.
 
  1. Pourquoi le refuser au privé, déjà si honteusement mal traité ce dont bénéficient déjà les agents de la fonction publique et assimilés. ?
 
  1. Il faut Monsieur Le Ministre que pour quelque retraité que ce soit, l’unité monétaire investie assure le même rapport à l’arrivée. C‘est une pure question de justice. Tant que ce principe continuera à être nié nous vivrons une situation de profonde injustice.
 
Votre rôle Monsieur Le Ministre n’est pas de plaire à quelques syndicats indélicats et irresponsables, pour une catégorie déterminée de population privilégiée, mais de répondre, au légitime souci de justice de l’ensemble des Français.
 
Celui qui règlera le problème des retraites dans notre pays, ne pourra pas faire l’économie des dispositions suivantes sous une forme ou sous une autre.
 
  1. Introduire un système de fonds de pension dont la gestion doit impérativement être libérée de l’influence syndicale qui a largement démontré sa conception douteuse et son incapacité à cet égard. Le syndicalisme français se distingue surtout par sa capacité de nuisance, ce qui est antinomique des principes de gestion.
 
  1. L’état n’a pas à intervenir lui non plus dans cette gestion dont il doit simplement assurer le cadre pour les compagnies d’assurances chargées de l’assumer. L’état ne peut en aucun cas se faire le complice de catégories privilégiées quelles qu’elles soient. Il doit donc rester à l’écart de cette gestion. Même s’il lui appartient de définir le cadre et les règles.
 
  1. Ces fonds de pension tout comme la Préfond doivent être défiscalisés et les rachats de points possibles dans les mêmes conditions, pour ceux qui le peuvent et le veulent
 
  1. Des dispositions transitionnelles doivent permettre à ceux qui, piégés par le système actuel, y ont intérêt, de passer dans des conditions équitables d’un système à l’autre.
 
  1. Enfin, les titulaires d’un fonds de pension doivent pouvoir en fin de carrière choisir entre la disposition de leur capital, ou une pension à vie. Là encore, dans des conditions claires et honnêtes, qui ne soient pas polluées par de vicieuses arguties administratives.
 
  1. Liberté sans contraintes excessives doit être donnée aux titulaires de ces fonds de capitalisation, de pouvoir en cours de carrière changer d’assureur afin de toujours, bénéficier des conditions les plus rentables. Les droits acquis étant transférés d’une compagnie à l’autre. Cette disposition concurrentielle assurant une forme d’excellence dans l’intérêt général.
 
Outre que cette formule plus libérale dynamisera les retraites, elle aura une influence considérable sur notre économie et renforcera notre orthodoxie européiste. Ainsi vous n’écarterez pas seulement les causes du mal, mais renforcerez aussi un grand nombre de facteurs positifs essentiels. Vous aurez dépollué notre système de retraites et rendu dans ce domaine un peu de liberté aux Français.
 
Sortir de ces critères est, je le crains Monsieur Le Ministre, la certitude d’un échec de plus et de bien des soucis à très court, long et moyen terme. Inversement, le bénéfice politique sera immense de bien des points de vue et à long terme, l’ensemble de la nation y trouvera indubitablement son compte.
 
Cela vaut la peine de contrarier la cause du mal et d’en payer le prix politique.
 
Je vous souhaite Monsieur le Ministre tout le courage politique, qu’implique la réussite de cette grande tâche.
 
 
Jacques Destere
Club des euroréalistes
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